Les évènements institutionnels que nous vivons ces derniers jours sont historiques. Jamais depuis 1962, un gouvernement n’avait été censuré. Cette censure du gouvernement Barnier était prévisible et inévitable. Elle est le point d’orgue de l’agonie des institutions de la 5ème République. Un texte constitutionnel dépassé dans une France qui n’est plus celle de 1958. Une agonie qui s’est accélérée depuis 2017 avec un Président de la République qui a érigé la maltraitance sociale, démocratique et institutionnelle en mode de gouvernance.
De 1958 à 2002, notre démocratie vivait au rythme des alternances rendues possible par des durées de mandat présidentiel et législatif différentes. Depuis 2002, le passage au quinquennat et l’inversion du calendrier électoral ont renforcé un présidentialisme déjà puissant, au cœur d’un exécutif voulu fort par le constituant. La conséquence en est l’absence de cohabitation durant cette période et une vie politique qui tournait essentiellement autour de l’élection présidentielle. En 2005, puis en 2007 avec le traité de Lisbonne, c’est une fracture béante qui s’est ouverte entre les dirigeants politiques et le peuple. La trahison qu’incarne le traité de Lisbonne a révélé au grand jour jusqu’où le capitalisme est prêt à aller pour se maintenir et prospérer. Si la démocratie se met en travers de son chemin, il n’hésitera pas à la piétiner. Ce n’est ni plus ni moins ce que déclarera Junker en 2015 au sujet du référendum grec.
Depuis 2017, E. Macron n’a fait qu’accélérer ce processus. En 2022, sa détestation est telle qu’il est le premier Président depuis 2002 sans majorité absolue. Elu à la faveur d’un barrage républicain face au RN, ni en 2017, ni en 2022, il ne voudra en tenir compte. C’est donc la même politique néolibérale qu’il appliqua avec des résultats catastrophiques pour les plus fragiles d’entre nous (explosion des inégalités et de la pauvreté), pour nos services publics littéralement délabrés, pour notre écosystème, pour notre économie (fleurons industriels dilapidés, explosion de la précarité et des défaillances d’entreprise), l’effacement de la parole de la France à l’international… E. Macron est le président aux 1000 milliards de dette publique en plus en 7 ans.
Juin 2024, l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Macron n’a pas été un barrage mais un pont. Sa « grenade dégoupillée lancée », la République est sauvée en juillet 2024 grâce au Nouveau Front Populaire et à toutes celleux qui se sont mobilisé·es face au péril fasciste.
Mais celui qui a le mépris, l’arrogance et le déni comme ligne de conduite, se désintéresse bien de la volonté du peuple si celle-ci s’oppose à son calendrier et sa politique en faveur des ultras-riches et des firmes multinationales.
3 mois après la nomination de ce gouvernement illégitime, celui-ci est donc censuré. M. Barnier, candidat adoubé par le RN, et son budget, dramatique sur le plan social, irresponsable sur le plan écologique, catastrophique sur le plan économique peuvent faire leurs cartons. Les Français·es ne s’en porteront que mieux. Car non la censure ne déclenchera pas une invasion de sauterelles. Une loi spéciale peut être votée et un autre budget peut être débattue. Le Nouveau Front Populaire en a fait la démonstration cet automne. Barnier cherchait 60 milliards d’économies, on lui a trouvé 75 milliards de recettes nouvelles.
Barnier censuré, Macron est à nouveau en première ligne. Depuis hier soir et son allocution lunaire, sans une once de remise en cause, pétri comme à son habitude de mépris et d’arrogance, celui qui devrait être le garant des institutions les piétine. Celleux qui ont voté la censure serait des antirépublicains ! Mais la censure est un des droits les plus fondamentaux de la représentation nationale dans un régime parlementaire ! Dans un tel régime, c’est le gouvernement qui rend des comptes au Parlement et non l’inverse ! Habité par un déni pathologique, il s’enferme dans la négation de la volonté des Français·es exprimée en juillet dernier et engage une nouvelle bataille pour se sortir de cette impasse : faire exploser le Nouveau Front Populaire. Il ne lui reste que cette seule option en dehors de la démission.
Alors, je le dis à nos partenaires du NFP, ne tombez pas dans le piège de remettre Macron en selle. Ne reniez pas vos engagements envers les électeur·trices ! Comment pouvez-vous croire que les macronistes sont prêts à faire des concessions ? Ils n’en ont jamais fait, ni depuis 2017, ni cet automne dans le cadre des projets de loi de finances alors mêmes qu’ils sont minoritaires. Ils l’ont encore prouvé la semaine dernière lors de la niche parlementaire de la France insoumise où ils ont empêché le vote de l’abrogation de la réforme des retraites alors que plus de 90% des actifs le souhaitent. Laurent Croizier, député macroniste du Doubs a participé à cette cabale contre les droits de la représentation nationale. Car la niche parlementaire est un des droits les plus fondamentaux d’une opposition. Faire croire aux Français·es que l’ont peut gouverner avec ceux-là mêmes qui n’ont comme seul agenda politique que la défense des puissants est une erreur politique gravissime. Le Nouveau Front Populaire incarne la défense de toutes celleux qui souffrent de ces politiques néolibérales. Le Nouveau Front Populaire incarne la nécessaire rupture face à ces politiques qui détruisent notre écosystème. Le Nouveau Front Populaire a soulevé un espoir formidable dans le pays.
Dans les moments cruciaux comme ceux que nous vivons, c’est là que l’on juge celleux qui tiennent bon. L’histoire nous regarde et nous jugera. Nous, militant·es, député·es, élu·es locaux de la France insoumise continueront de tenir la barre avec toutes celleux qui resteront fidèles au Nouveau Front Populaire.
Parce que :
– Qui nous méprise ?
– Qui nous insulte depuis 7 ans ?
– Qui a dilapidé l’argent public par des cadeaux fiscaux aux ultra riches et aux firmes multinationales ?
– Qui a creusé la dette publique de 1000 milliards en 7 ans ?
– Qui met en difficulté nos collectivités territoriales ?
– Qui a éborgné, arraché des mains, gazé, matraqué les gilets jaunes ? Qui a criminalisé ses opposant·es ?
– Qui a accéléré la destruction de nos services publics ?
– Qui a fait voter une loi immigration issue du programme du RN ?
– Qui nous a volé 2 ans de vie ?
– Qui harcèle les chômeurs ?
– Qui a créé ce chaos économique pour les petites et moyennes entreprises ?
– Qui a sali la parole de la France à l’international ?
– Qui apporte son soutien au génocidaire Nétanyahu ?
– Qui a amené l’extrême droite aux portes du pouvoir ?
– Qui a détricoté le droit du travail ?
– Qui a laissé nos fleurons industriels entre les mains de financiers internationaux ?
Etc.. la liste est longue..
La réponse est simple : Emmanuel Macron.
Quand il y a un problème on traite les causes à la racine.
Laisser la place à un gouvernement du Nouveau Front Populaire qui cherchera des majorités texte par texte à l’Assemblée comme il l’a fait cet automne, ou partir, ne laissons pas d’autre choix à Macron.
Il est le responsable de ce chaos.

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